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Hubert Védrine

Une vision du monde
Edition : Bouquins

Le regard qu’il porte sur ces domaines est nourri d’une ouverture sur le monde stimulée dès sa jeunesse, du goût des rencontres d’autres cultures, d’une curiosité intellectuelle certaine, puis de ses fonctions, à partir de 1981, quand François Mitterrand l’appelle à ses côtés où il restera durant 14 ans, avant d’être ministre durant cinq ans sous le gouvernement Jospin pendant la présidence Chirac.

Ses activités de conseils et d’enseignement, la multiplicité de ses engagements et des sollicitations auxquelles il répond continuent de nourrir son analyse clairvoyante du monde. Doté de ces expériences qui sont la trame d’une vie entière, Hubert Védrine n’a jamais cessé d’analyser, de synthétiser, de transmettre sa compréhension des mutations successives qui façonnent l’Histoire.

Contrairement à l’euphorie qui succéda à la chute du mur de Berlin, il ne pense pas que l’Histoire, précisément, se soit arrêtée, mais qu’elle se poursuit et qu’elle est à lire avec de nouveaux paramètres. Pour forger ces nouveaux outils de lecture, il prône un dosage entre idéalisme et réalisme, un diagnostic réel des nouvelles données géopolitiques, en soutenant qu’il faut impérativement se replacer dans la longue durée, celle de la connaissance de l’Histoire, pour mieux appréhender les enjeux majeurs de notre temps : en d’autres mots, il invite à regarde le monde tel qu’il est, et non tel qu’on souhaiterait qu’il soit.

Il fait le constat que les mots sont mal employés, voire dévoyés – la « Société des nations » qui est plutôt une « jungle des nations », les « Nations Unies » qui sont peu unies, la « communauté internationale » qui n’en est pas une, etc. –, que le rapport de forces entre l’Occident et le reste du monde est en passe de s’inverser, que la construction de l’Europe ne possède plus la dynamique de ses débuts, ni ne peut réaliser l’utopie d’un fédéralisme réduisant la souveraineté nationale. Il affirme, encore, que la France – suivant en cela, parfois devançant, un mouvement répandu dans le monde occidental – s’abîme dans une forme de repentance dont le concept s’oppose à tout registre politique.

Ces constats, et bien d’autres, ne sont pas pour autant un aveu de renoncement, bien au contraire. C’est à recalibrer les choses, remettre en perspective, avoir pour objectif la vérité historique, ne pas céder à l’uchronie et rétablir la confiance, indispensable à toute action, qu’invite Hubert Védrine. Il dissèque ce qu’il appelle l’irrealpolitik, et démontre comment le réalisme, dans l’appréhension des événements, est capable de donner des ambitions et de bâtir des projets sur les bases les plus solides, qui tiennent compte à la fois des forces fécondes et de la nature des résistances.

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